conscience de soi et compréhension des relations humaines, écriture, accompagnement, coaching, nouveau paradigme
1 Novembre 2007
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Mon cerveau gauche évite de me regarder en face. Il a toujours fait ça :
— Cher hémisphère droit, réplique-t-il. Soyez gentil : évitez de me faire porter également le chapeau de vos propres maladresses ! N’oublions pas que ce pouvoir de censure a été mis en place par vos propres soins, pour garantir un meilleur verrouillage de vos élucubrations diverses et variées, évoluant, d’ailleurs entre épanchements miséreux et délires abracadabrantesques que personne ne serait à même de pouvoir comprendre !
Le saligaud ! Il ose se révolter ?
— Nous savons, vous comme moi, poursuit-il en regardant ses feuilles, que vos idées, aussi bien intentionnées soient-elles, ne sont qu’applicables qu’en théorie ! Que vos textes ne sont en réalité que soubressauts maladroits et dérapages incontrôlés !
— Monsieur l’hémisphère gauche, je ne vous permets pas de m’insulter de la sorte ! Au nom de tous les neurones qui travaillent et me constituent la partie, je vous ordonne d’élever un peu le débat de cette confrontation ! Nos lecteurs méritent un meilleur respect ! Et ce n’est pas respecter ses lecteurs que de parler de la sorte de nos textes !
— Monsieur l’hémisphère droit …
— Vous trouvez cela normal, Monsieur l’hémisphère gauche, d’imposer un droit de veto, comme vous le faites, sur toute idée qui viendrait de la partie dont je suis le représentant ? Vous trouvez cela normal, de sans cesse porter au jugement du politiquement correct, tout projet de texte ? Répondez, je vous prie !
— Monsieur l’hémisphère droit …
— Vous trouvez cela normal, de passer à la moulinette l’intégralité de nos paragraphes ? De biffer d’un trait, la plupart de nos expressions ? D’interdire tout néologisme ? Vous trouvez cela normal ?
— Monsieur l’hémisphère droit …
— Moi, je vais vous le dire ! Ce n’est PAS normal ! C’est inadmissible !
— Mais enfin, cher hémisphère droit, calmez-vous !
— Pourquoi me calmerais-je ? Je suis parfaitement calme ! Parfaitement serein !
— Mais non, depuis le début, vous ne faites que vous énerver !
— Je ne m’énerve absolument pas : je suis en colère ! Il y a des colères saines et nécessaires ! Vos travaux de corrections sont un pur désastre ! Si l’on me laissait faire, depuis le début, tout ce que j’ai envie de faire, il y aurait dix, vingt, cinquante ou même cent fois plus de traffic touristique sur notre blog !
— C’est faux ! Il n’y aurait personne ! Tout simplement personne ! Et vous savez pourquoi ?
— Personne ? Ah ah ! Laissez-moi vous rire au nez ! Quelle stupidité ! Quelle vanité, de votre part ! Quelle … incompétence !
— Monsieur l’hémisphère droit, depuis le début, vous ne me laissez pas me parler ! Soyez gentil et maintenant que vous avez posé des questions, acceptez d’en écouter les réponses … A moins que cela ne vous intéresse pas et que ce débat ne soit qu’exutoire et psychothérapie, mais ça, c’est une autre affaire, et je ne voudrais pas entrer dans un débat pareil …
— Psychothérapie ? C’est un comble !
— Vous me laissez parler ? Vous me traitez d’incompétent, laissez-moi au moins me défendre !
— Allez-y seulement ! De toute façon, vous n’avez rien à dire ! Vous n’êtes que descriptions plates et sans émotion ! Vous n’êtes que commentaires démagogues et creusitudes désespérantes !
— « Creusitudes » ? Quelle formidable trouvaille ! N’avez-vous point plus de vocabulaire qu’un Charlie de quinze ans d’âge ?
— Et si cela me plaît, d’inventer des mots ? Hein ? Si cela me plaît ?
— Le problème est, cher hémisphère droit, que nous sommes en droit d’attendre de vos textes, des résultats !
— Vous osez me parler de résultats ?
— Vous me laissez parler ? Je crois que vous avez eu votre temps de parole, non ? Je vais vous le dire, pourquoi mon intervention est nécessaire, pourquoi votre travail ne pourrait nous suffire : pour constituer de bons textes, il ne suffit pas d’y mettre tous ses épanchements, de pleurer sur son sort et se larmoyer du sort d’autrui ! Ce qu’il faut, c’est du travail ! Moi, ce que je veux restaurer sur ce blog, c’est le travail ! Parce qu’un texte qui ne sent pas le travail, c’est un texte qui a sa place à la poubelle ! Sans travail, il n’y a aucune cohérence possible, aucun projet à long terme qui soit envisageable ! Ecrire, c’est travailler ! C’est manipuler le texte au corps à corps ! Peut-être y mettre un peu de sentiments, mais surtout y mettre de la logique, de la rigueur … Du travail ! Moi, ce que je veux, c’est que l’on puisse travailler nuit et jour sur un projet sans que cela nepose le moindre problème !
— Mais enfin ! C’est ridicule, voyons ! Vous savez très bien que le travail passé sur un texte, c’est du temps qu’on ne passera pas sur un autre !
— Libres aux textes de se faire publier ou non ! Que ceux qui désirent être travaillés davantage accèdent à ce souhait, et que les autres se contentent de ce qu’ils sont !
— N’importe quoi …
— N’importe quoi ? Je viens de relire les impatiences amoureuses, cher hémisphère droit, et vous savez quoi ? Il y a plus de fautes de frappe dans les impatiences que dans tous les autres textes des autres blogs réunis ! Sans parler des mauvais rythmes de phrases, des imprécisions de vocabulaires, voire même des contresens inégalables !
— Vous reconnaissez donc publiquement votre incapacité à être à la hauteur pour traiter ce genre de problèmes ? Bravo ! Nous avançons !
— Epargnez-moi votre cynisme, Monsieur l’hémisphère droit !
— Toutes ces imperfections ne sont-elles pas de votre ressort ? Vous êtes inapte, Monsieur l’hémisphère gauche ! Vous êtes inapte parce que vous ne connaissez rien à la créativité !
Et toc. J’aurai eu le dernier mot.
Cet âne bâté n’a qu’à bien se tenir ! L’écriture, ça se gouverne par la droite !
Rubrique DIALOGUES DE SOURDS / Des hémisphères et de leurs décisions